Page noire : Le Doyen Niamanto Diarra a tiré sa révérence !

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Né en 1940 à Donékébougou, un village  cercle de Kati, l’enfant Niamanto Diarra  arrive à  8 ans, en 1948, dans la ville-garnison du même nom et c’est là qu’il commence sa scolarité. Six ans après, en 1954, il part à Banankoro pour continuer ses études. Brillant élève, il est envoyé l’année suivante (1954) ai Sénégal, à la célèbre école de Sébicotane.

Puis, l’année d’après, celle des indépendances africaines, le voilà de retour, en 1960, dans son Soudan natal pour entrer à l’Ecole Normale de Katibougou. Comme on le voit, les choses vont vite pour lui, il est régulièrement abonné aux succès scolaires. En 1962, élève au lycée Terrason de Fougères, il sera admis au baccalauréat, précieux sésame pour entamer les études supérieures. De septembre 1962 à 1967, il décroche à Tours (France) le DEA en mathématiques appliquées, à la suite de quoi il se déplace sur Caen, toujours en France, où il deviendra, de 1967 à 1969, Professeur assistant à l’Université de cette ville. Retour au Mali en 1969 pour être Professeur à l’ENSIP (Ecole Normale Supérieure), creuset d’où sortiront de nombreux cadres maliens qui ont rendu des services de qualité au pays dans l’enseignement, la recherche, comme dans plusieurs autres domaines d’activités. Professeur Niamanto Diarra est studieux, il a le souci permanent de la perfection. C’est ainsi qu’en 1974, il défendra au Canada sa thèse en Algèbre. Fait intéressant qui met en exergue son souci de servir la patrie, les années 70 le verront prendre volontairement sur soi, bénévolement à vrai dire, les élèves du Lycée Prosper Kamara où il y avait une réelle crise de professeurs de mathématiques. Professeur Sanoussi Bamani, célèbre ophtalmologue de son état, dira : « Il a été mon professeur de maths au Lycée Prosper Kamara en SBT (1971-1972), il n’avait pas encore passé son doctorat. Il a également eu à enseigner l’ancien ministre Tiéna Coulibaly, actuel représentant du Mali à la CEDEAO, avec qui il sera plus tard dans le même gouvernement. Il a forlé beaucoup plusieurs médecins et professeurs de la Faculté de médecine. Il était humble, très sérieux et travailleur. A chaque fête, c’est pratiquement lui qui me souhaitait les meilleurs vœux alors qu’il était mon aîné ».  Moussa Makan Camara atteste : « Son décès est une grande perte pour la nation malienne. Le Professeur  Niamanto Diarra était un cadre de très grande valeur qui a formé plusieurs grands cadres de ce pays. Paix à son âme ! Mes condoléances  les plus attristées  à  sa famille et à  ses nombreux  anciens  étudiants  aujourd’hui  toutes et tous hauts cadres, dont certains  sont à la retraite ».

L’homme aux qualités professionnelles et hautement humaines deviendra, de 1979 à 1981, conseiller technique au ministère de l’Education nationale. A partir de 1983, sinon avant selon certaines sources, il enseignera la statistique et la probabilité à l’Ecole de médecine. Le président de la République, Moussa Traoré, l’appellera à côté de lui en 1985, en faisant de lui son conseiller spécial avec rang de ministre. De là, il rejoindra (1987) son ami feu Bakary Traoré (ministre de la jeunesse et des sports, puis ministre de l’Education nationale) dont il sera le conseiller technique. Le chef de l’Etat lui fera à nouveau appel en le nommant ministre de l’information et de la télécommunication de 1989 à 1991. Deux ans après la révolution populaire qui a mis fin au régime de Moussa Traoré, le Professeur Niamanto Diarra reprendra, comme on le dit couramment, la craie, en retournant à l’enseignement. Il avait 53 ans. Pendant 18 ans encore, il continuera à dispenser les cours à des milliers d’étudiants jusqu’à sa retraite en 2011. Le citoyen, le père, le frère, le serviteur de l’Etat, qui s’est était à Kati le samedi, 14 janvier 2023, à l’âge de 83 ans, a vécu utile. Un de ses fils, le Général Alou Boï Diarra, est l’actuel chef d’état-major de l’Armée de l’Air.

Source : Le Naional

Source: mali-web